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        1  La section d'électricité du Lycée Professionnel.  Histoire d'une naissance par Ange CICCOLA.

2  La création du Centre de Documentation & d'Information. (C.D.I) par Lucien GABARON.

 

 

 

1    La section d'électricité du Lycée Professionnel.  Histoire d'une naissance.

Ange CICCOLA, Ancien professeur d'électricité au Lycée Professionnel et créateur de la spécialité, nous a adressé le texte suivant. Nous le publions intégralement et remercions chaleureusement son auteur de nous l'avoir communiqué.

 

Année 1965.

Je suis artisan électricien d'équipement (Bâtiment) à GAP (Hautes Alpes) La situation n'est pas florissante. Mon épouse lit sur le journal local que l'Académie de Grenoble recrute des Maîtres Auxiliaires en électricité pour le Centres d’Enseignement Techniques (C.E.T). Pour m'assurer d'obtenir un poste, avec mon épouse, j'écris en même temps à l'Académie d'AIX-MARSEILLE. Quelques jours après, une réponse nous parvient me priant de me présenter rapidement au C.E.T Vauvenargues d'Aix-en-Provence.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je suis accueilli par Monsieur DESVIGNES, Chef des Travaux du CET. Ma prise de fonction doit être immédiate. Le lendemain, ceci le 10 octobre 1965, je suis en poste. La rentrée scolaire a eut lieu le 1er octobre.

 

Situation de la section. Bien que créée, cette section ne dispose d'aucun enseignant (mis à part moi...) d'aucun local pour accueillir les élèves, d'aucun outillage. Malgré tout un crédit d'équipement de 40.000 Francs a été prévu mais sans aucun crédit de fonctionnement alors que 24 élèves attendent depuis 10 jours que l'on veuille bien commencer à leur apprendre un peu du métier qu'ils avaient choisi. Si l'enseignement professionnel est inexistant, l'enseignement général est heureusement assuré.

Les élèves qui forment l'effectif, ayant fait le choix de cette orientation, sont issus de 3e Moderne. Après 2 ans de formation cette orientation doit les conduire à un BEP d'Electrotechnique.

Vous pouvez imaginer combien, 10 jours après la rentrée et sans voir l'ombre d'un Prof, ils pouvaient piaffer d'impatience...

 

Situation du C.E.T . Il est déjà installé là où il se trouve aujourd'hui c'est à dire tout proche du Lycée Polyvalent.

Voici la liste des sections et le nom des enseignants pour chacune d'elles.

 

 

Nom de la spécialité Nom des collègues enseignants
  VINCENT
AJUSTAGE DECOMME
  BERGER

 

  CASTELLON
MECANIQUE GENERALE PIROUX
 

MAGRO

 

 

GIRAUD

METAUX en FEUILLES

CHENET

 

DUCROS

 

 

PHILIP

FERRONNERIE d'ART

VITON

 

SALICHON

 

 

FLORES

MENUISERIE

HONNORAT

 

MARTIN

 

BETON ARME

COLLARD-BOVY

AZZOPARDI

 

 

FARJON

MAÇONNERIE

ROSSI

 

TÉCHENNÉ

 

ELECTROTECHNIQUE (1)

CICCOLA

SINE

LEGUILLOUX

DEMEURÉ

 

DESSINATEUR en BÂTIMENT (2)

NOVERRAZ

 

 

La section ELECTROTECHNIQUE obtient enfin son emplacement dans ...l’atelier d'ajustage. Entre temps, j’apprends qu'un collègue du Lycée Polyvalent réforme (3) des outils d'ajustage. Il s'agit de divers outils, de limes, d'équerres, de petits marbres, de pointes à tracer, etc.... Je m'empresse et je récupère tout ce matériel avec quelques longueurs de profilés qui constituaient l'ensemble. Je pouvais enfin commercer à proposer des exercices à mes élèves qui se précipitèrent avec bonheur pour les réaliser . Cette bancale situation durera ainsi jusqu'à la Noël.

A la rentrée de janvier je reçois en dotation une petite quantité de matériel électrique que le Chef des travaux, M.DESVIGNE, avait pu se procurer je ne sais pas comment. Le problème est alors de pouvoir l'utiliser. En l'occurrence, des panneaux en bois sont indispensables pour faire travailler les élèves. Or, nous ne disposons de rien ! Me voilà donc parti, avec mes élèves, dans l'atelier de menuiserie pour fabriquer ces panneaux de 2 mètres de hauteur. Des lames de parquets serviront de matière première. Je fais assembler les panneaux par deux en forme de pupitre que j'installe précieusement pour, somme toute, pouvoir commencer mon enseignement. Quel bonheur de pouvoir réaliser de nos mains une vraie installation électrique avec du vrai fil électrique, des tubes tôle, de la moulure en bois! Enfin, une installation qui fonctionne ! Youpi..!!! la lampe s'éclaire! C'est gagné..!

 

Mis à part les séances d'atelier, l'emploi du temps des domaines techniques est très chargé:

- Essais et mesures ........................... 2 heures

- Technologie ................................... 2 heures

- Electrotechnique ............................. 2 heures

- Dépannage ..................................... 1 heure

- Etude du matériel ............................ 1 heure

A cela viennent s'ajouter beaucoup d'heures d'enseignement théorique.

 

Un atelier nous est enfin attribué, une grande salle où la section "BETON ARME" nous construit des box en "dur" avec des moellons et des briques. (N’oublions pas que nous sommes électriciens du bâtiment)

Les élèves doivent savoir "tenir" une massette, un burin, une truelle, traiter du plâtre, du ciment pour fixer et encastrer le matériel. Il y a quarante ans les méthodes de travail, pour la fixation des scellements, étaient tout autres. A cette époque le tube d'acier était d'un usage courant d'où l'emploi d'un outillage plus lourd : Etabli portatif, cintreuse à tubes, filière etc...

Tout ce matériel et ces outillages M.DESVIGNES réussit, non sans peines, à nous l'obtenir. (Les essais et mesures sont toujours réalisés grâce à ce matériel, dans la salle de M.BASMA JOUGLOU, professeur au Lycée Polyvalent)

 

La première année tout se passe à peu près bien. Il n'y a pas heureusement d'examen à préparer en fin d'année. Ce ne sera pas le cas pour la seconde année. Si mes souvenirs sont exacts il y a 40 candidats. (Nos élèves, les candidats libres et ceux issus des cours professionnels)

Les examens de fin d'année était l'occasion  de récupérer beaucoup de matériel électrique.

Enfin la section est lancée et cela est une très bonne chose puisque aujourd'hui, quarante ans après,  elle existe toujours mais de plus et à son actif, il faut le dire, d'autres collègues ont su la faire évoluer, progresser et prospérer.

Enfin, en 1968 un grand atelier libéré par la maçonnerie nous est attribué. Avant de quitter les lieux mes collègues ont l'élégance de nous préparer des box de travail pour nos élèves, une vaste salle de cours théorique, l'alimentation électrique, et en eau, de grandes ouvertures... Le rêve pour pouvoir enseigner et travailler normalement.

 

NOTE PERSONNELLE :

Je voudrais rendre hommage à mes collègues car pour passer brutalement, comme je l'ai fait, de l'artisanat à l'enseignement ce n'est pas une chose évidente et facile.

Merci donc à tous les copains, entre autres à jean VITON, qui a été pour moi un conseiller pédagogique EXTRA !

 

 

Gap le 24 novembre 2005

Ange CICCOLA

 

    (1)  Seule spécialité préparant un B.E.P en 2 ans. Toutes autres préparaient un CAP en 3 années de formation.

     (2) Les élèves suivaient régulièrement des stages dans toutes les spécialités du bâtiment..

     (3) Par "réforme" on entend des d'outils, des machines... soit devenus vétustes ou inutiles à suite à un changement de programme formation.

 

 

 

2      La création du Centre de Documentation & d'Information. (C.D.I)

Un peu d'histoire pour mieux appréhender le présent.

Avant 1985 il n'existait pas de CDI au Lycée professionnel.

Pour mieux comprendre le contexte décrit par le texte qui va suivre il est utile de préciser certains points.

A cette époque notre établissement ne bénéficiait d'aucune structure administrative. Le poste de chef des travaux occupé pendant une période par M.DEVIGNE avait été jugé superflu et supprimé vers 1975. Claude BOUSQUET (+2004), Chef de Travaux du Lycée Technique se chargeait de notre sort autant qu'il lui restait de  temps disponible après la gestion du Lycée Polyvalent c'est à dire très peu. La présence d'un Proviseur spécialement affecté au Lycée Professionnel était impensable.  Seul notre collègue Pierre LOLIVRET, Conseiller Principal d'Education, assurait la communication entre le Proviseur des Lycées Vauvenargues et le Lycée Professionnel dans son ensemble. Comme il va être fait pour le CDI, mes collègues enseignants s'impliqueront là aussi pour que notre établissement soit pourvu de ces deux postes clés afin que son existence soit mieux assurée. Nous éprouvions, il faut le souligner, de très sérieuses inquiétudes à ce sujet...

Le C.D.I du Lycée Polyvalent avait donc la lourde mission de répondre aux besoins de l'ensemble des deux établissements. Il était facile de constater que nos élèves ne s'y aventuraient qu'exceptionnellement et très peu d'enseignants du Lycée Professionnel exploitaient ses ressources par ailleurs mal adaptées à leurs besoins. Son implantation excentrée compliquait un peu plus cette tâche compte tenu de la distance qui le séparait du Lycée Professionnel et plus précisément de sa salle des Professeurs. Lors des récréations (10mn) il fallait choisir! soit s'isoler en se rendant au CDI, soit préférer la compagnie de nos collègues. Tout naturellement c'est cette seconde solution qui était retenue le plus souvent.

La création d'un CDI propre au Lycée professionnel capable de répondre aux besoins spécifiques de ses  élèves comme de ses  enseignants nous paru être une exigence tout à fait raisonnable et justifiée. C'est pourquoi il s'engagea une action ayant pour but de doter notre établissement de cet équipement.

Par la voie du Conseil d'Administration (qui soit dit en passant avait enfin cessé d'être commun avec celui du Lycée Polyvalent) où nos représentants se manifestaient mais aussi par des contacts établis en dehors de toute logique hiérarchique, la démarche se heurtait à une opposition de principe qui était la suivante: "Il existe déjà un CDI au Lycée Vauvenargues. La création d'une seconde structure de cet ordre est injustifiée.".

Il n'est jamais facile pour des enseignants de convaincre les responsables d'une administration du bien fondé d'un besoin. Cependant, après des mois de multiples et âpres discussions, notre argumentation et nos nombreuses interventions parvinrent à faire progressivement fléchir puis à convaincre à la fois notre Proviseur et les responsables influents du Rectorat.

L'autorisation de créer un CDI au Lycée Professionnel nous fût enfin accordée ... mais sans aucun financement à l'appui. Dans le passé,  les crédits alloués au Lycée Professionnel n'ont jamais été exagérés, c'est le moins qui puisse être dit. Aussi l'autorisation de création nous semblait être l'essentiel et ce dernier obstacle du financement n'en était réellement pas un, habitués que nous étions à fonctionner avec des moyens très réduits et parfois même précaires.

N'oublions pas que notre Lycée Professionnel est un établissement qui regroupe les spécialités essentielles du bâtiment et notre capacité à produire nous a toujours grandement facilité la résolution des problèmes auxquels nous étions confrontés. J'affirme même, et c'est un point de vue personnel, que sans cette capacité le Lycée Professionnel Vauvenargues aurait disparu en tant que structure propre.

Avant la demande de création de notre CDI nous avions obtenu de haute lutte face à certains collègues du Lycée Polyvalent qui la contestait, l'attribution de quatre magnifiques ordinateurs. Ce matériel avait été placé dans une salle située au premier étage.(au dessus d'une partie de l'actuel CDI)

Pour aménager  cette pièce (sans aide notable là aussi), en réalité véritable  embryons du futur CDI,  il avait été fait appel au savoir-faire des sections de maçonnerie pour la reprise alors très délabrée du local (le local était inutilisé depuis 1954, date à laquelle les nones qui l'occupaient l'avaient abandonné), d'électrotechnique pour la pose de l'installation électrique, de menuiserie pour la fabrication des portes, des fenêtres et la réalisation des tables sur lesquelles étaient posé le matériel informatique. En ce qui me concerne j'avais eu la charge d'assurer la sécurisation des ouvertures donnant sur l'extérieur et donc la fabrication d'une douzaine de grilles fixes et de deux robustes portes métalliques renforcées par des serrures de très haute sécurité (Fichet). Le matériel informatique était, souvenons-nous, d'un prix extrêmement élevé à cette époque et les systèmes d'alarmes inexistants.

Après concertation il fût établi que le CDI serait placé là où il se trouve actuellement mais sur une surface beaucoup plus réduite et à la différence aussi que l'accès ne donnait pas directement sur le "petit cloître" mais sur la façade opposée, face aux anciens ateliers (actuellement aire réservée aux activités  sportives). L'accès au "petit cloître" a été réalisé, nous le verrons plus loin, quelques années plus tard.

Fort de l'expérience acquise et de la mobilisation volontaire et assurée des collègues du domaine professionnel, l'absence de moyens financiers ne pouvait pas entraver la création de notre CDI. Nous en fîmes, une fois de plus, la démonstration.

Que mes collègues m'en excusent, je ne me souviens  plus de tous ceux qui participèrent à cette entreprise exceptée celle de Michel DELHOUME qui s'est employé  avec application à solutionner tous les problèmes de menuiserie.

La chose la plus incontestable est que les véritables créateurs du premier CDI ce sont les élèves du Lycée Professionnel conduits par leurs professeurs. 

Seule la peinture a été l'oeuvre de nos amis du personnel d'entretien. Dans les deux années qui suivirent,  le CDI prit les dimensions qu'il a aujourd'hui en lui adjoignant deux salles attenantes. Ceci permis enfin l'ouverture directe sur le "petit cloître" et en fait son implantation au coeur  de l'établissement. Les travaux entraînés par cette extension  ont été l'oeuvre exclusive de nos collègues du personnel d'entretien.

En raison de l'intense fréquentation dont-il fut l'objet dès sa création, notre CDI justifia très rapidement toute la débauche d'énergie qu'il exigea de notre part pour le faire naître.

Aujourd'hui,  il joue un rôle considérable au sein du Lycée Professionnel. Lieu de culture par excellence où le livre règne en maître c'est là que l'on se rencontre et surtout que l'on échange, que l'on se parle... (à voix basse pour ne pas gêner ceux qui lisent, qui travaillent ou qui cherchent sur internet... )

C'est au travers de lui que tant et tant de projets (dénommés P.A.E à une certaine période) ont vu le jour (Amado, le kiosque à musique, noria pour le Mali, les ateliers de lecture, la préparation d'expositions, ...) Cependant l'exploitation de ce potentiel ne serait pas ce qu'il est sans les documentalistes actives, compétentes et dévouées qui s'y sont succédées.  Madame LEFEBRE a été la première nommée à ce poste.  Depuis bien des années Myriam FAIVRE, avec quelques autres, assure cette difficile mais essentielle mission tout en faisant évoluer le CDI en l'organisant et en l'enrichissant.

En 2005, peut-on imaginer le Lycée Professionnel  Vauvenargues sans son CDI?

Que de chemin parcouru depuis 1985...!

Aix-en-Provence le 14 février 2005

Lucien GABARON

 

 

 

Nota: Les collègues souhaitant apporter leur témoignage sur ce sujet peuvent s'adresser à l'Amicale.