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DESSINATEUR en BÂTIMENT
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NOVERRAZ
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La section ELECTROTECHNIQUE obtient enfin son emplacement dans
...l’atelier d'ajustage. Entre temps, j’apprends qu'un collègue du Lycée
Polyvalent réforme (3)
des outils d'ajustage. Il s'agit de divers outils, de limes, d'équerres,
de petits marbres, de pointes à tracer, etc.... Je m'empresse et je
récupère tout ce matériel avec quelques longueurs de profilés qui
constituaient l'ensemble. Je pouvais enfin commercer à proposer des
exercices à mes élèves qui se précipitèrent avec bonheur pour les réaliser
. Cette bancale situation durera ainsi jusqu'à la Noël.
A la rentrée de janvier je reçois en dotation une petite quantité de
matériel électrique que le Chef des travaux, M.DESVIGNE, avait pu se
procurer je ne sais pas comment. Le problème est alors de pouvoir
l'utiliser. En l'occurrence, des panneaux en bois sont indispensables pour
faire travailler les élèves. Or, nous ne disposons de rien ! Me voilà donc
parti, avec mes élèves, dans l'atelier de menuiserie pour fabriquer ces
panneaux de 2 mètres de hauteur. Des lames de parquets serviront de
matière première. Je fais assembler les panneaux par deux en forme de
pupitre que j'installe précieusement pour, somme toute, pouvoir commencer
mon enseignement. Quel bonheur de pouvoir réaliser de nos mains une vraie
installation électrique avec du vrai fil électrique, des tubes tôle, de la
moulure en bois! Enfin, une installation qui fonctionne ! Youpi..!!! la
lampe s'éclaire! C'est gagné..!
Mis à part les séances d'atelier, l'emploi du temps des domaines
techniques est très chargé:
- Essais et mesures ........................... 2 heures
- Technologie ................................... 2 heures
- Electrotechnique ............................. 2 heures
- Dépannage ..................................... 1 heure
- Etude du matériel ............................ 1 heure
A cela viennent s'ajouter beaucoup d'heures d'enseignement théorique.
Un atelier nous est enfin attribué, une grande salle où la section "BETON
ARME" nous construit des box en "dur" avec des moellons et des briques.
(N’oublions pas que nous sommes électriciens du bâtiment)
Les élèves doivent savoir "tenir" une massette, un burin, une truelle,
traiter du plâtre, du ciment pour fixer et encastrer le matériel. Il y a
quarante ans les méthodes de travail, pour la fixation des scellements,
étaient tout autres. A cette époque le tube d'acier était d'un usage
courant d'où l'emploi d'un outillage plus lourd : Etabli portatif,
cintreuse à tubes, filière etc...
Tout ce matériel et ces outillages M.DESVIGNES réussit, non sans peines, à
nous l'obtenir. (Les essais et mesures sont toujours réalisés grâce à ce
matériel, dans la salle de M.BASMA JOUGLOU, professeur au Lycée
Polyvalent)
La première année tout se passe à peu près bien. Il n'y a pas heureusement
d'examen à préparer en fin d'année. Ce ne sera pas le cas pour la seconde
année. Si mes souvenirs sont exacts il y a 40 candidats. (Nos élèves, les
candidats libres et ceux issus des cours professionnels)
Les examens de fin d'année était l'occasion de récupérer beaucoup de
matériel électrique.
Enfin la section est lancée et cela est une très bonne chose puisque
aujourd'hui, quarante ans après, elle existe toujours mais de plus
et à son actif, il faut le dire, d'autres collègues ont su la faire
évoluer, progresser et prospérer.
Enfin, en 1968 un grand atelier libéré par la maçonnerie nous est
attribué. Avant de quitter les lieux mes collègues ont l'élégance de nous
préparer des box de travail pour nos élèves, une vaste salle de cours
théorique, l'alimentation électrique, et en eau, de grandes ouvertures...
Le rêve pour pouvoir enseigner et travailler normalement.
NOTE PERSONNELLE :
Je voudrais rendre hommage à mes collègues car pour passer brutalement,
comme je l'ai fait, de l'artisanat à l'enseignement ce n'est pas une chose
évidente et facile.
Merci donc à tous les copains, entre autres à jean VITON, qui a été pour
moi un conseiller pédagogique EXTRA !
Gap le 24 novembre 2005
Ange CICCOLA
(1) Seule spécialité préparant un B.E.P en 2 ans. Toutes autres
préparaient un CAP en 3 années de formation.
(2) Les élèves suivaient régulièrement des stages dans toutes les
spécialités du bâtiment..
(3) Par "réforme" on entend des d'outils, des machines... soit devenus
vétustes ou inutiles à suite à un changement de programme formation.

2 La
création du Centre de Documentation & d'Information.
(C.D.I)
Un peu d'histoire pour mieux appréhender le présent.
Avant 1985 il n'existait pas de CDI au Lycée professionnel.
Pour mieux comprendre le contexte décrit par le texte qui va suivre il est
utile de préciser certains points.
A cette époque notre établissement ne bénéficiait d'aucune structure
administrative. Le poste de chef des travaux occupé pendant une période
par M.DEVIGNE avait été jugé superflu et supprimé vers 1975. Claude
BOUSQUET (+2004), Chef de Travaux du Lycée Technique se chargeait de notre
sort autant qu'il lui restait de temps disponible après la gestion
du Lycée Polyvalent c'est à dire très peu. La présence d'un Proviseur
spécialement affecté au Lycée Professionnel était impensable. Seul
notre collègue Pierre LOLIVRET, Conseiller Principal d'Education, assurait
la communication entre le Proviseur des Lycées Vauvenargues et le Lycée
Professionnel dans son ensemble. Comme il va être fait pour le CDI, mes
collègues enseignants s'impliqueront là aussi pour que notre établissement
soit pourvu de ces deux postes clés afin que son existence soit mieux
assurée. Nous éprouvions, il faut le souligner, de très sérieuses
inquiétudes à ce sujet...
Le C.D.I du Lycée Polyvalent avait donc la lourde mission de répondre aux
besoins de l'ensemble des deux établissements. Il était facile de
constater que nos élèves ne s'y aventuraient qu'exceptionnellement et très
peu d'enseignants du Lycée Professionnel exploitaient ses ressources par
ailleurs mal adaptées à leurs besoins. Son implantation excentrée
compliquait un peu plus cette tâche compte tenu de la distance qui le
séparait du Lycée Professionnel et plus précisément de sa salle des
Professeurs. Lors des récréations (10mn) il fallait choisir! soit
s'isoler en se rendant au CDI, soit préférer la compagnie de nos
collègues. Tout naturellement c'est cette seconde solution qui était
retenue le plus souvent.
La création d'un CDI propre au Lycée professionnel capable de répondre aux
besoins spécifiques de ses élèves comme de ses enseignants
nous paru être une exigence tout à fait raisonnable et justifiée. C'est
pourquoi il s'engagea une action ayant pour but de doter notre
établissement de cet équipement.
Par la voie du Conseil d'Administration (qui soit dit en passant avait
enfin cessé d'être commun avec celui du Lycée Polyvalent) où nos
représentants se manifestaient mais aussi par des contacts établis en
dehors de toute logique hiérarchique, la démarche se heurtait à une
opposition de principe qui était la suivante: "Il existe déjà un CDI au
Lycée Vauvenargues. La création d'une seconde structure de cet ordre est
injustifiée.".
Il n'est jamais facile pour des enseignants de convaincre les responsables
d'une administration du bien fondé d'un besoin. Cependant, après des mois
de multiples et âpres discussions, notre argumentation et nos nombreuses
interventions parvinrent à faire progressivement fléchir puis à convaincre
à la fois notre Proviseur et les responsables influents du Rectorat.
L'autorisation de créer un CDI au Lycée Professionnel nous fût enfin
accordée ... mais sans aucun financement à l'appui. Dans le passé,
les crédits alloués au Lycée Professionnel n'ont jamais été exagérés,
c'est le moins qui puisse être dit. Aussi l'autorisation de création nous
semblait être l'essentiel et ce dernier obstacle du financement n'en était
réellement pas un, habitués que nous étions à fonctionner avec des moyens
très réduits et parfois même précaires.
N'oublions pas que notre Lycée Professionnel est un établissement qui
regroupe les spécialités essentielles du bâtiment et notre capacité à
produire nous a toujours grandement facilité la résolution des problèmes
auxquels nous étions confrontés. J'affirme même, et c'est un point de vue
personnel, que sans cette capacité le Lycée Professionnel Vauvenargues
aurait disparu en tant que structure propre.
Avant la demande de création de notre CDI nous avions obtenu de haute
lutte face à certains collègues du Lycée Polyvalent qui la contestait,
l'attribution de quatre magnifiques ordinateurs. Ce matériel avait été
placé dans une salle située au premier étage.(au dessus d'une partie de
l'actuel CDI)
Pour aménager cette pièce (sans aide notable là aussi), en
réalité véritable embryons du futur CDI, il avait été fait
appel au savoir-faire des sections de maçonnerie pour la reprise alors
très délabrée du local (le local était inutilisé depuis 1954, date à
laquelle les nones qui l'occupaient l'avaient abandonné),
d'électrotechnique pour la pose de l'installation électrique, de
menuiserie pour la fabrication des portes, des fenêtres et la réalisation
des tables sur lesquelles étaient posé le matériel informatique. En ce qui
me concerne j'avais eu la charge d'assurer la sécurisation des ouvertures
donnant sur l'extérieur et donc la fabrication d'une douzaine de grilles
fixes et de deux robustes portes métalliques renforcées par des serrures
de très haute sécurité (Fichet). Le matériel informatique était,
souvenons-nous, d'un prix extrêmement élevé à cette époque et les systèmes
d'alarmes inexistants.
Après concertation il fût établi que le CDI serait placé là où il se
trouve actuellement mais sur une surface beaucoup plus réduite et à la
différence aussi que l'accès ne donnait pas directement sur le "petit
cloître" mais sur la façade opposée, face aux anciens ateliers
(actuellement aire réservée aux activités sportives). L'accès au
"petit cloître" a été réalisé, nous le verrons plus loin, quelques années
plus tard.
Fort de l'expérience acquise et de la mobilisation volontaire et assurée
des collègues du domaine professionnel, l'absence de moyens financiers ne
pouvait pas entraver la création de notre CDI. Nous en fîmes, une fois de
plus, la démonstration.
Que mes collègues m'en excusent, je ne me souviens plus de tous ceux
qui participèrent à cette entreprise exceptée celle de Michel DELHOUME qui
s'est employé avec application à solutionner tous les problèmes de
menuiserie.
La chose la plus incontestable est que les véritables créateurs du premier
CDI ce sont les élèves du Lycée Professionnel conduits par leurs
professeurs.
Seule la peinture a été l'oeuvre de nos amis du personnel d'entretien.
Dans les deux années qui suivirent, le CDI prit les dimensions qu'il
a aujourd'hui en lui adjoignant deux salles attenantes. Ceci permis enfin
l'ouverture directe sur le "petit cloître" et en fait son implantation au
coeur de l'établissement. Les travaux entraînés par cette extension
ont été l'oeuvre exclusive de nos collègues du personnel d'entretien.
En raison de l'intense fréquentation dont-il fut l'objet dès sa création,
notre CDI justifia très rapidement toute la débauche d'énergie qu'il
exigea de notre part pour le faire naître.
Aujourd'hui, il joue un rôle considérable au sein du Lycée
Professionnel. Lieu de culture par excellence où le livre règne en maître
c'est là que l'on se rencontre et surtout que l'on échange, que l'on se
parle... (à voix basse pour ne pas gêner ceux qui lisent, qui travaillent
ou qui cherchent sur internet... )
C'est au travers de lui que tant et tant de projets (dénommés P.A.E à une
certaine période) ont vu le jour (Amado, le kiosque à musique, noria pour
le Mali, les ateliers de lecture, la préparation d'expositions, ...)
Cependant l'exploitation de ce potentiel ne serait pas ce qu'il est sans
les documentalistes actives, compétentes et dévouées qui s'y sont
succédées. Madame LEFEBRE a été la première nommée à ce poste.
Depuis bien des années
Myriam FAIVRE,
avec quelques autres, assure cette difficile mais essentielle mission tout
en faisant évoluer le CDI en l'organisant et en l'enrichissant.
En 2005, peut-on imaginer le Lycée Professionnel Vauvenargues sans
son CDI?
Que de chemin parcouru depuis 1985...!
Aix-en-Provence le 14 février 2005
Lucien GABARON
Nota: Les collègues souhaitant apporter leur témoignage sur ce sujet
peuvent s'adresser à l'Amicale.