C'est par
l'intermédiaire du
Centre InterUniversitaire du Patrimoine (CIUP) (1)
de VIVIERS en Ardèche
que
nous avons pu entrer en relation avec Monsieur
Jean BOUVIER,
spécialiste de la vie et de l'oeuvre de Henri RÉVOIL
Monsieur BOUVIER
a bien voulu accepter de nous faire profiter de ses recherches et si le
texte qu'il nous a adressé, pour sa publication dans notre
site, est riche de renseignements, la correspondance l'accompagnant ne
l'est pas moins. C'est pourquoi nous nous sommes permis de la publier
également.
Notre association
remercie chaleureusement Monsieur Jean BOUVIER pour son
précieux apport nous permettant la redécouverte
de l'architecte Henri
RÉVOIL.
Aix-en-Provence le 5
juillet 2005
Lucien GABARON
(1)
(adresse du site: http://www.ciup-viviers.com/ciup.htm
)

Cher Monsieur,
J'ai consulté le
site très fourni dont vous me donniez les
coordonnées et je suis heureux de voir que l'on s'occupe
plus aujourd'hui de connaître Henri/y Révoil, dont
l'oeuvre est immense. Le 1er février 1898,
il écrivait à son ami
Frédéric Mistral avec qui il
correspondait depuis plusieurs dizaines d'années et dont
j'ai transcrit les lettres que j'ai pu retrouver :
"... grâce
à Dieu ! J'ai ma main, mes yeux et ma tête de 30
ans ! et j'en aurai bientôt 76 ! et 51 ans de service !"
Je me suis mis en quête de
renseignements sur cet architecte lorsque, effectuant des
recherches sur l'église de Cruas (Ardèche),
restaurée par lui, j'ai remarqué sa signature
portant très nettement un accent alors que les
rares ouvrages le mentionnant omettaient ce détail qui, pour
moi, n'en était pas un !
De plus une partie de cette
signature, pouvant être le prénom,
était indéchiffrable et en tous cas ne paraissait
pas devoir être lue "Henry".
Une note du curé de
Cruas, mentionnait la venue de "M. Revoil, architecte à
Nîmes" pour entreprendre des travaux de restauration.
L'édition
de 1880 du Dictionnaire
des contemporains donne
le 12 février 1820 pour sa date de naissance alors
que sa naissance (le 19) a été
enregistrée le 20 juin 1822.
Il ne me restait donc plus qu'à pousser
mes recherches pour mieux connaître la vie et l'oeuvre d'
Henry Révoil, ses ascendants, ses descendants.
Je suis donc allé
à Aix où Henri Révoil est
né, à Nîmes où il a eu
longtemps ses bureaux, et où sont nés ses
enfants, à Mouriès où il est
décédé, à Lyon
où était né son père. J'ai
rencontré son arrière-petit-fils. J'ai vu aussi
un certain nombre de monuments qu'il a restaurés ou qu'il a
édifiés.
Il est évident que les
Télécoms qui, dans
le Minitel ignorent souvent les accents, et
l'informatique avec des logiciels qui n'acceptaient pas (heureusement
cela a changé !) non plus les lettres accentuées
dans les noms de dossiers ou fichiers ne facilitaient pas les choses.
Depuis, plusieurs étudiants semblent
avoir redécouvert Henry Révoil. J'ai
insisté auprès de professeurs pour
rappeler l'orthographe correcte de son nom.
J'extraie de mes notes un condensé de sa
vie que je colle à la suite de ces quelques
réflexions. J'espère que la mise en page passera
correctement avec les notes de bas de page.
Je souhaite bonne
réussite à votre site.
Jean BOUVIER

Le
restaurateur de l’église abbatiale de Cruas
Henry Antoine RÉVOIL.
Au nom de Révoil, l'édition
de 1880 du Dictionnaire des contemporains propose :
« Né
à Aix le 12 février 1820, étudie
l’architecture sous M. Caristie, et fut nommé en
1854, architecte diocésain des Bouches-du-Rhône,
du Var, de l’Hérault et du Gard. Il a depuis cette
date restauré le cloître de Montmajour
près d’Arles, construit le petit
séminaire et la chapelle des Carmélites
d’Aix, réédifié le portail
de l’église des Prêcheurs de cette
ville, dirigé la reconstruction partielle des
cathédrales de Montpellier et de Marseille. Il a
été élu correspondant de
l’Institut le 16 novembre 1878. Il a envoyé
à l’Exposition universelle de 1878 : Eglise
de Saint-Gabriel (Bouches-du-Rhône), le Cloître de
Montmajour à Arles et Peintures de la
tour Ferrande à Pernes (Vaucluse). Décoré
de la légion d’Honneur le 12 août 1877, il a
été promu officier le 20 octobre 1878.
M. Henry Révoil a
publié un important ouvrage : Architecture romane
du midi de la France (1873, 3 vol. in-fol. avec pl.). Il a
obtenu en 1874, de l’Académie des inscriptions, la
médaille d’or au concours des
antiquités nationales. »
En
réalité, l'acte de naissance de "Henri
Antoine Revoil, fils de Pierre Revoil, peintre d'histoire,
chevalier de l'ordre Royal de la Légion d'honneur,
agé de 47 ans, demeurant rue de L'opera, 22 absent et de
dame Joséphine henriette Revoil", a
été établi le 20 juin 1822. L'enfant
était né la veille à 5 heures du
matin. Son frère Benoît, né
à Aix en 1816, fit carrière dans la
littérature sous le nom de Bénédict
Révoil. Son père, formé dans
l’atelier de David, puis professeur de peinture à
l’École Spéciale des Arts du dessin
à Lyon, fut un précurseur qui se passionna pour
le Moyen Âge, dont il collectionnait les objets
d’art, qu’il appelait « gothicités »,
et pour la langue et les chants de cette période.
Nul doute que la
passion du père pour cette époque
influença le goût du fils qui se souviendra de "quelques
vieux airs que me chantait mon père qui avait
étudié dans les anciens manuscrits du
moyen-âge des chants très curieux et
caractéristiques."
Après
des études à Lyon au collège
Saint-Just, il est élève à
l’École des Beaux-Arts de Paris quand
décède son père en 1842. Il lui fera
élever un tombeau à Mouriès. De
même il acceptera de se charger de la construction du tombeau
de la famille Mistral.
En 1849 il
épouse Anaïs Baragnon. Il habite Nîmes,
1, rue de la Paix quand naît sa fille Jeanne Marie Henriette
le 5 sept. 1854. Son fils Amédée Marie Joseph
Paul voit le jour le 24 mai 1856 avenue Feuchère. Il a deux autres enfants,
un fils Georges, explorateur et consul, mort en 1894 au
Brésil, une fille Marthe.
Par
arrêt de la cour impériale d'Aix-en-Provence du 14
décembre 1869, Henry Révoil, qui est alors
âgé de 47 ans, est adopté,
vraisemblablement pour des raisons de transmission de patrimoine, par
son oncle maternel André Jérome Adolphe
Révoil, avocat, qui était témoin
à son acte de naissance et qui, à sa mort en
1876, lui léguera le domaine de Servanes à
Mouriès qu’habitent encore ses descendants.
Inlassablement
pendant plus de cinquante ans, il dessinera, restaurera, publiera des
ouvrages, réclamera de l’aide pour sauver des
monuments. En 1898, il écrit à son
« cher et illustre ami »
Frédéric Mistral avec qui il correspond depuis
des décennies :
« Comme le temps marche ! Je suis
écrasé de travail : j’organise mon
service barbare d’Architecte bâtisseur de Monuments
historiques dans mes départements ! ...
Mais grâce
à Dieu ! J’ai ma main, mes yeux et ma
tête de 30 ans ! et j’en aurai bientôt 76
! et 51 ans de service !
Je demande à la
Providence de me permettre d’achever mon livre sur les Maîtres
es pierres de la vallée du Rhône au IXe
siècle ! Cette oeuvre
accomplie, si je dois vivre encore ce sera pour ne plus quitter ma
palette, et peindre les beaux rivages de la mer bleue, et ce ciel
d’azur dont je me suis fait le prisonnier, et
l’adorateur. »
Il
décède le 13 décembre 1900,
après avoir correspondu avec Mérimée
(1803-1870), été l’ami de
Viollet-le-Duc (1814-1879), de Frédéric Mistral
(1830-1914), de Jules Massenet (1842-1912).
Le 12 novembre
1906, fut inauguré à Nîmes un monument
à son nom. Au nombre des discours prononcés fut
lue une lettre de Frédéric Mistral, qui venait de
recevoir le prix Nobel. Dans cette lettre adressée
à Paul Révoil, alors ambassadeur à
Berne, qui y répondit par un discours de remerciement, le
co-fondateur du félibrige rendait hommage à
l’architecte pour ses « éminents
services rendus à la Provence »
et rappelait que pendant un demi-siècle, ils avaient tous
deux « main dans la main,
travaillé avec amour à la restauration,
à la mise en place de la beauté monumentale et
poétique du pays. Ainsi que les vieux compagnons du Tour de
France, Henry Révoil a inscrit son nom de ‘Mistré
de la Peyre’ sur les plus belles oeuvres de notre
architecture romane provençale, la cathédrale de
Marseille, la basilique de Saint-Trophime, le château de
Tarascon et tant d’autres... »
Si le monument
portant le buste du grand restaurateur et bâtisseur
n’existe plus, une rue et un square de Nîmes
continuent à porter le nom d'Henri Révoil.
Parmi d’autres monuments que
ceux déjà cités ci-dessus, Henry
Révoil a restauré le Palais des Papes, la
chapelle et le pont Saint-Bénézet, les remparts
d’Avignon, la cathédrale de Nîmes, les
ruines des Baux de Provence, la cathédrale de Vaison dont il
a reconstruit la partie sud du cloître,
l’église de Cruas, l’église
de Bourg-Saint-Andéol, l’église des
Saintes-Maries-de-la-Mer , la cathédrale Saint-Nazaire de
Béziers , le château du roi René
à Tarascon ... Il se montrera particulièrement
fier de la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier,
écrira à Mistral en 1876 : « Vous avez donc vu Ma Cathédrale de
Montpellier : c’est ma grande fille parmi les cinquante
que j’ai fait naître. »
Il fut aussi
bâtisseur et succéda à
Espérandieu dans la direction de la construction de
Notre-Dame-de-la-Garde à partir de 1874.
Son fils, Paul
Révoil fera une carrière de diplomate, sera
ministre plénipotentiaire au Maroc de 1895 à 1900
et comme gouverneur général
d’Algérie de 1901 à 1903, obtiendra
pour la France la suzeraineté des oasis du Touât.
En 1906, à la conférence
d’Algésiras, ses interventions feront attribuer
à la France et à l’Espagne la police
des ports du Maroc. Il sera ensuite ambassadeur à Berne en
1906 et à Madrid de 1907 à 1909.
Mouriès a donné son nom à un cours.
Jean Bouvier


Envoi
de Georges
MATHON
Le 12 novembre 1906
à Nîmes, inauguration de la
stèle dédiée à
Henry REVOIL . (Envoi de Georges MATHON)
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Pour
en savoir plus sur l'architecte Henry Antoine RÉVOIL.