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1.  Henri RÉVOIL, architecte diocésain. (1822-1900).

2.  M. de VALAURIE.

 

 

 

1. Henri REVOIL, architecte diocésain, 1822-1900.

 

 

Henri RÉVOIL (envoi de Jean BOUVIER)

 

 

 

C'est par l'intermédiaire du Centre InterUniversitaire du Patrimoine (CIUP) (1) de VIVIERS en Ardèche que nous avons pu entrer en relation avec Monsieur Jean BOUVIER, spécialiste de la vie et de l'oeuvre de Henri RÉVOIL

Monsieur BOUVIER a bien voulu accepter de nous faire profiter de ses recherches et si le texte qu'il nous a adressé, pour sa publication dans notre site, est riche de renseignements, la correspondance l'accompagnant ne l'est pas moins. C'est pourquoi nous nous sommes permis de la publier également.

Notre association remercie chaleureusement Monsieur Jean BOUVIER pour son précieux apport nous permettant la redécouverte de l'architecte Henri RÉVOIL.

 

Aix-en-Provence le 5 juillet 2005

                                                                                                                                                                                               Lucien GABARON

 

(1) (adresse du site:  http://www.ciup-viviers.com/ciup.htm )

 

 

 

Cher Monsieur,

 J'ai consulté le site très fourni dont vous me donniez les coordonnées et je suis heureux de voir que l'on s'occupe plus aujourd'hui de connaître Henri/y Révoil, dont l'oeuvre est immense. Le 1er février 1898, il écrivait à son ami Frédéric Mistral avec qui il correspondait depuis plusieurs dizaines d'années et dont j'ai transcrit les lettres que j'ai pu retrouver :

"... grâce à Dieu ! J'ai ma main, mes yeux et ma tête de 30 ans ! et j'en aurai bientôt 76 ! et 51 ans de service !"

 Je me suis mis en quête de renseignements sur cet architecte lorsque, effectuant des recherches sur l'église de Cruas (Ardèche), restaurée par lui, j'ai remarqué sa signature portant très nettement un accent alors que les rares ouvrages le mentionnant omettaient ce détail qui, pour moi, n'en était pas un !

De plus une partie de cette signature, pouvant être le prénom, était indéchiffrable et en tous cas ne paraissait pas devoir être lue "Henry". 

Une note du curé de Cruas, mentionnait la venue de "M. Revoil, architecte à Nîmes" pour entreprendre des travaux de restauration.

L'édition de 1880 du Dictionnaire des contemporains donne le 12 février 1820 pour sa date de naissance alors que sa naissance (le 19) a été enregistrée le 20 juin 1822.

 Il ne me restait donc plus qu'à pousser mes recherches pour mieux connaître la vie et l'oeuvre d' Henry Révoil, ses ascendants, ses descendants.

Je suis donc allé à Aix où Henri Révoil est né, à Nîmes où il a eu longtemps ses bureaux, et où sont nés ses enfants, à Mouriès où il est décédé, à Lyon où était né son père. J'ai rencontré son arrière-petit-fils. J'ai vu aussi un certain nombre de monuments qu'il a restaurés ou qu'il a édifiés.

 Il est évident que les Télécoms qui, dans le Minitel ignorent souvent les accents, et l'informatique avec des logiciels qui n'acceptaient pas (heureusement cela a changé !) non plus les lettres accentuées dans les noms de dossiers ou fichiers ne facilitaient pas les choses.

 Depuis, plusieurs étudiants semblent avoir redécouvert Henry Révoil. J'ai insisté auprès de professeurs pour rappeler l'orthographe correcte de son nom. 

 J'extraie de mes notes un condensé de sa vie que je colle à la suite de ces quelques réflexions. J'espère que la mise en page passera correctement avec les notes de bas de page.

 

Je souhaite bonne réussite à votre site.

 

Jean BOUVIER

 

Le restaurateur de l’église abbatiale de Cruas
Henry Antoine RÉVOIL
[1].

  Au nom de Révoil, l'édition de 1880 du Dictionnaire des contemporains propose :

« Né à Aix le 12 février 1820, étudie l’architecture sous M. Caristie, et fut nommé en 1854, architecte diocésain des Bouches-du-Rhône, du Var, de l’Hérault et du Gard. Il a depuis cette date restauré le cloître de Montmajour près d’Arles, construit le petit séminaire et la chapelle des Carmélites d’Aix, réédifié le portail de l’église des Prêcheurs de cette ville, dirigé la reconstruction partielle des cathédrales de Montpellier et de Marseille. Il a été élu correspondant de l’Institut le 16 novembre 1878. Il a envoyé à l’Exposition universelle de 1878 : Eglise de Saint-Gabriel (Bouches-du-Rhône), le Cloître de Montmajour à Arles et Peintures de la tour Ferrande à Pernes (Vaucluse). Décoré de la légion d’Honneur le 12 août 1877[2], il a été promu officier le 20 octobre 1878.

M. Henry Révoil a publié un important ouvrage : Architecture romane du midi de la France (1873, 3 vol. in-fol. avec pl.). Il a obtenu en 1874, de l’Académie des inscriptions, la médaille d’or au concours des antiquités nationales. »

 

  En réalité, l'acte de naissance de "Henri Antoine Revoil, fils de Pierre Revoil[3], peintre d'histoire, chevalier de l'ordre Royal de la Légion d'honneur, agé de 47 ans, demeurant rue de L'opera, 22 absent et de dame Joséphine henriette Revoil", a été établi le 20 juin 1822. L'enfant était né la veille à 5 heures du matin. Son frère Benoît, né à Aix en 1816, fit carrière dans la littérature sous le nom de Bénédict Révoil. Son père, formé dans l’atelier de David, puis professeur de peinture à l’École Spéciale des Arts du dessin à Lyon, fut un précurseur qui se passionna pour le Moyen Âge, dont il collectionnait les objets d’art, qu’il appelait « gothicités », et pour la langue et les chants de cette période.[4]

  Nul doute que la passion du père pour cette époque influença le goût du fils qui se souviendra de "quelques vieux airs que me chantait mon père qui avait étudié dans les anciens manuscrits du moyen-âge des chants très curieux et caractéristiques."

  Après des études à Lyon au collège Saint-Just, il est élève à l’École des Beaux-Arts de Paris quand décède son père en 1842. Il lui fera élever un tombeau à Mouriès. De même il acceptera de se charger de la construction du tombeau de la famille Mistral.

  En 1849 il épouse Anaïs Baragnon. Il habite Nîmes, 1, rue de la Paix quand naît sa fille Jeanne Marie Henriette le 5 sept. 1854. Son fils Amédée Marie Joseph Paul voit le jour le 24 mai 1856 avenue Feuchère[5]. Il a deux autres enfants, un fils Georges, explorateur et consul, mort en 1894 au Brésil, une fille Marthe.

  Par arrêt de la cour impériale d'Aix-en-Provence du 14 décembre 1869, Henry Révoil, qui est alors âgé de 47 ans, est adopté, vraisemblablement pour des raisons de transmission de patrimoine, par son oncle maternel André Jérome Adolphe Révoil, avocat, qui était témoin à son acte de naissance et qui, à sa mort en 1876, lui léguera le domaine de Servanes à Mouriès qu’habitent encore ses descendants.

  Inlassablement pendant plus de cinquante ans, il dessinera, restaurera, publiera des ouvrages, réclamera de l’aide pour sauver des monuments. En 1898, il écrit à son « cher et illustre ami » Frédéric Mistral avec qui il correspond depuis des décennies :

« Comme le temps marche ! Je suis écrasé de travail : j’organise mon service barbare d’Architecte bâtisseur de Monuments historiques dans mes départements ! ...

Mais grâce à Dieu ! J’ai ma main, mes yeux et ma tête de 30 ans ! et j’en aurai bientôt 76 ! et 51 ans de service !

Je demande à la Providence de me permettre d’achever mon livre sur les Maîtres es pierres de la vallée du Rhône au IXe  siècle ! [6]Cette oeuvre accomplie, si je dois vivre encore ce sera pour ne plus quitter ma palette, et peindre les beaux rivages de la mer bleue, et ce ciel d’azur dont je me suis fait le prisonnier, et l’adorateur. »

  Il décède le 13 décembre 1900, après avoir correspondu avec Mérimée (1803-1870), été l’ami de Viollet-le-Duc (1814-1879), de Frédéric Mistral (1830-1914), de Jules Massenet (1842-1912).

  Le 12 novembre 1906, fut inauguré à Nîmes un monument à son nom. Au nombre des discours prononcés fut lue une lettre de Frédéric Mistral, qui venait de recevoir le prix Nobel. Dans cette lettre adressée à Paul Révoil, alors ambassadeur à Berne, qui y répondit par un discours de remerciement, le co-fondateur du félibrige rendait hommage à l’architecte pour ses « éminents services rendus à la Provence » et rappelait que pendant un demi-siècle, ils avaient tous deux « main dans la main, travaillé avec amour à la restauration, à la mise en place de la beauté monumentale et poétique du pays. Ainsi que les vieux compagnons du Tour de France, Henry Révoil a inscrit son nom de ‘Mistré de la Peyre’ sur les plus belles oeuvres de notre architecture romane provençale, la cathédrale de Marseille, la basilique de Saint-Trophime, le château de Tarascon et tant d’autres... »

  Si le monument portant le buste du grand restaurateur et bâtisseur n’existe plus, une rue et un square de Nîmes continuent à porter le nom d'Henri Révoil.

  Parmi d’autres monuments que ceux déjà cités ci-dessus, Henry Révoil a restauré le Palais des Papes, la chapelle et le pont Saint-Bénézet, les remparts d’Avignon, la cathédrale de Nîmes, les ruines des Baux de Provence, la cathédrale de Vaison dont il a reconstruit la partie sud du cloître, l’église de Cruas, l’église de Bourg-Saint-Andéol, l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer , la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers , le château du roi René à Tarascon ... Il se montrera particulièrement fier de la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, écrira à Mistral en 1876 : « Vous avez donc vu Ma Cathédrale de Montpellier : c’est ma grande fille parmi les cinquante que j’ai fait naître. »

  Il fut aussi bâtisseur et succéda à Espérandieu dans la direction de la construction de Notre-Dame-de-la-Garde à partir de 1874.

  Son fils, Paul Révoil fera une carrière de diplomate, sera ministre plénipotentiaire au Maroc de 1895 à 1900 et comme gouverneur général d’Algérie de 1901 à 1903, obtiendra pour la France la suzeraineté des oasis du Touât. En 1906, à la conférence d’Algésiras, ses interventions feront attribuer à la France et à l’Espagne la police des ports du Maroc. Il sera ensuite ambassadeur à Berne en 1906 et à Madrid de 1907 à 1909. Mouriès a donné son nom à un cours.

 

Jean Bouvier
 

[1] De même que son oncle, Henry Révoil ne manquera jamais d'écrire son nom avec un accent aigu. Cette prononciation et cette orthographe continuent à être en usage chez ses descendants.

[2] Son dossier indique le 12 août 1865.

[3] Pierre Révoil, Lyon 12 juin 1776 - Mouriès 19 mars 1842.

[4] [Le terme "roman" n’apparaît qu’en 1818 dans une correspondance de Charles de Gerville à Auguste Le Prévost. Il sera repris et consacré par Arcisse de Caumont (1802-1875), auteur de l'Abécédaire ou rudiment d'archéologie et fondateur en 1834 de la Société française d'archéologie qui publie le Bulletin monumental.]

[5] Archives municipales de Nîmes.

[6] Frédéric Mistral reprendra ce titre de ‘Mistré de la Peyre’ pour le lui attribuer, mais il semble bien que le livre auquel travaillait Henry Révoil n’ait pas été publié.

Envoi de Georges MATHON

 

Le 12 novembre 1906 à Nîmes, inauguration de la stèle  dédiée à Henry REVOIL  .  (Envoi de Georges MATHON)

                                                Pour lire le texte cliquer sur le bouton ci-contre:        

 

 

Pour en savoir plus sur l'architecte Henry Antoine RÉVOIL.

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http://elec.enc.sorbonne.fr/architectes/dico431.php

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http://www.nimausensis.com/Nimes/FouillesArenes1868.htm

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Page dédiée à Henri Révoil : http://www.nimausensis.com/Nimes/revoil.htm

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DEVAUX (Magali), Henry Révoil et le Moyen Age, mém. de maîtrise, Université de Provence, 1993. 3 vol. 195 et 227 p.+ 220 pl.  4° 80
 

 

  2.  M. de DEVALAURIE, architecte du réaménagement 1959-1960.

       "En 1959-60 commencèrent d'énormes travaux qui bouleversèrent complètement notre vieux Collège, ainsi d'ailleurs qu'une bonne partie du Centre d'Apprentissage. La façade sur le boulevard Carnot fut modifiée de fond en comble, cassée, rehaussée, le décor sculpté totalement rasé, et elle fut entièrement refaite dans un pseudo style "moderne" sans allure. Seul peut-être, l'aspect général du cloître fut respecté, et encore… Les plafonds de ses galeries furent abattues sans autre forme de procès, la chapelle raccourcie des 2/3 et son décor complètement détruit, etc… etc… En bref, un véritable massacre : on ne chercha pas à consolider, à préserver, on cassa ! L'énorme pavé constituant le bâtiment d'enseignement général, dans la cour, date également de cette époque, ainsi que le réfectoire circulaire et, quelques années après, le gymnase. Les travaux durèrent plusieurs années, et un bruit permanent d'engins divers et de chantier rendit les cours, qui pour moi se passaient toujours dans mon préfabriqué très mal isolé sur le plan phonique et situé juste à-côté, particulièrement pénibles pour tous, enseignants et élèves."         

 Extraits du témoignage de Jean GANNE

 

Cliquer sur les photos pour en obtenir l'agrandissement.

 

Maquette du projet des travaux de réaménagement des Lycée Vauvenargues de 1959-1960.

(archives des Lycées Vauvenargues- Photo  L.G)

 

 

 

Maquette précédente annotée.